Vacances au Perou (récit gratuit)

 

Je venais de me taper deux ans de fac en littérature comparée. Je n’en pouvais plus. Me lever à 6 heures du mat’ pour aller écouter les discours de vieux cons qui lisaient leurs cours écrits à la main sur du papier qui avait à présent jauni, ce n’était pas une vie. Malgré les protestations de ma famille, j’ai fait mes comptes et décidé d’aller faire un petit voyage, afin de me détendre et de faire le point. Non, je n’allais pas faire le caissier au supermarché du coin, j’allais voir le monde.

J’avais toujours eu envie de me rendre dans les Andes. Les reportages que j’avais vus sur ces montagnes me fascinaient. Je pris donc un billet d’avion pour le Pérou. Après, on verrait bien. Une fois arrivé sur place, il fut assez facile de trouver un joli petit hôtel pas cher en plein centre de la ville. Les gens paraissaient très accueillants, cela commençait bien. Je sortis en début de soirée et m’assis dans un petit restaurant. Mais ils ne servaient pas encore à manger. Il faut dire qu’entre le décalage horaire et mon habitude de manger tôt, j’étais un peu perdu ici, où l’on dînait tard le soir. Il ne me restait plus qu’à boire un verre. Je sortis le prendre sur la terrasse qui donnait sur une belle avenue. L’ombre des arbres était très appréciable par cette chaleur. J’étais le seul client évidemment, décalé comme je l’étais. Ce fut ma chance, car j’eus ainsi tout le loisir de papoter avec la serveuse, une jeune femme assez typée qui s’appelait Ana. Elle était un peu plus âgée que moi mais avait un petit air malicieux qui la rajeunissait. Le peu d’espagnol que j’avais appris à la fac me suffit pour tenir une conversation correcte avec elle et lui dire combien je trouvais les filles locales très à mon goût, surtout elle.

« Moi je suis du Salvador. Je vais devoir te laisser. Mais reviens plus tard, et après mon service, je t’emmènerai dans un endroit qui va te plaire. »

Enchanté de l’invitation, je pris congé d’elle et lui dit à plus tard.

Comme promis, je revins plus tard, après avoir fait une sieste. Je pris quelques tapas au bar et repérai Ana qui essuyait des verres. Elle me vit et me fit un clin d’œil suivi d’une série de gestes qui devaient vouloir dire qu’il me fallait patienter. Je lui fis signe de prendre son temps. Il fallait jouer au gars cool, me suis-je dit. Un bon moment plus tard, elle put enfin quitter cet endroit à mon bras. Je la remerciai cent fois de me prendre en charge dans cette ville qui m’était inconnue et elle me répéta autant de fois que c’était normal. Pendant notre petite marche, j’eus tout le loisir de la contempler en détail.

« Tu ne me demandes pas où nous allons ? m’interrogea-t-elle. »

J’adorais les surprises et j’étais surtout en pleine analyse scientifique. Magnifiques jambes mises en valeur par sa jupe noire très sexy, minces mais pas trop (il faut qu’il y ait de quoi toucher), joliment bronzées, taille très féminine rendant ses formes encore plus désirables, poitrine à première vue de taille supérieure à la moyenne, sans pour autant être trop importante. Tout cela me semblait parfait, vraiment parfait. Nous pouvions aller n’importe où, j’étais de toute façon partant.

On approchait de l’endroit en question. C’était une espèce de taverne souterraine dans laquelle il y avait des spectacles de danse. Ana avait de longs cheveux noirs. Moi qui adorait ce type de chevelure, j’étais aux anges dans les rues de Lima, il n’y avait que ça. Et c’était l’heure où des nuées de jeunes femmes sortaient, maquillées et en tenue de soirée. La vue était superbe, aussi bien tout autour de moi que juste à côté. Ma taille légèrement supérieure à celle de ma charmante amie me permettait d’avoir un angle de vision sur son décolleté très excitant, tout en restant discret. Ana ne cessait de sourire. Soit je l’intéressais, soit elle était très naïve. Je n’allais pas tarder à avoir la réponse.

J’ai réussi à me tenir correctement le reste de la soirée. J’arrivais même à m’intéresser aux danses latino lorsque les danseuses étaient mignonnes. Puis les danseurs se retirèrent et laissèrent leur place au public. Je détestais danser (préférant mater) mais Ana me força à m’essayer à la salsa. C’était finalement sympa d’être contre elle, même si j’étais sûrement très ridicule. Je fus vite fatigué et retournai m’asseoir. Ma cavalière était en forme et continua à se déhancher toute seul. Devenant vite possessif, j’espérais que personne ne viendrait l’inviter (ce dont je doutais, vu le charme et la sensualité qu’elle dégageait).Mais elle se rapprocha peu à peu de moi, ce qui fait que je n’eus pas à m’énerver, étant au contraire enchanté par le spectacle presque privé auquel j’eus droit.

J’émis le souhait de rentrer (j’étais quand même assez crevé) et Ana n’objecta pas, même si elle avait l’air encore en pleine forme. Une fois dans les rues, je pris un faux air perdu. Cela fonctionna très bien. Elle me proposa de me raccompagner à mon hôtel. D’habitude, c’est plutôt moi qui tenais ces propos, mais en l’occurrence, j’étais ravi. Une fois arrivé, je lui proposai de l’air le plus innocent possible de prendre un verre dans ma chambre. Malgré le peu de temps depuis lequel j’étais là, j’avais quand même réussi à aller me fournir en alcool. Elle accepta volontiers, toujours flanquée de son grand sourire. Elle s’assit sur mon lit et ôta sa chemise, qu’elle avait pourtant gardée durant toute la soirée. Je lui servis un verre, puis un second… Elle buvait comme un trou et son visage devenait rouge, son sourire encore plus prononcé. Je me rapprochai d’elle, jusqu’à avoir ma main derrière sa taille. Elle, elle parlait de tout et de rien. Je crois que je comprenais de moins en moins l’espagnol et que j’étais de plus en plus fixé sur une chose. Je crois qu’elle me racontait sa vie dans son patois, car ça allait très vite et était incompréhensible. Il était temps pour moi de passer à l’attaque. J’écartai les cheveux qui me barrait la route (profitant au passage de les caresser lentement avec ma main droite) pour pouvoir embrasser son cou. Malgré la transpiration, il était doux et sentait bon. Mes lèvres restèrent un long moment contre lui, jusqu’à ce que je sente qu’Ana avait posé sa main sur ma cuisse et remontait sur mon torse, frôlant au passage un endroit stratégique sur lequel j’espérais qu’elle reviendrait plus tard.